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DECID2 démontre la maturité du diagnostic santé en continu des structures composites

News International-French

29 Nov 2012

Le consortium des partenaires du Projet FUI DECID2 (Démonstrateur en matériaux Composites Intelligents à Double capacité in-situ du Diagnostic de santé structurale) a officiellement inauguré son pont Composites sur le site de l'IFSTTAR Centre de Nantes le 26 Novembre. Il prouve la faisabilité industrielle du monitoring santé des structures composites pultrudés instrumentés fibres optiques et capteurs ultrasonores.

Cette inauguration a réuni une cinquantaine de personne autour d'une thématique qui contribue à crédibiliser encore plus les composites auprès des industries qui pourraient encore douter de leurs nombreux avantages en s'assurant en temps réel de l'intégrité des structures.

 

Bernard THERET, PDG de l'entreprise ETPO pilote industriel du projet a fait part de sa réflexion sur les composites dans le bâtiment et le génie civil avec notamment les volumes que représentent déjà les composites dans ce secteur mais aussi les perspectives qu’offres ces matériaux d’un point de vue structurel.

 

Monssef DRISSI HABTI, Directeur de Recherche du Département Mesure Auscultation et Calcul Scientifique de l’IFSTTAR Centre de Nantes et pilote du projet, a présenté celui-ci dans sa globalité depuis sa genèse avec la recherche d’une thématique nouvelle de recherche dans le domaine des composites dans le BTP jusqu’aux champs d’applications futurs des technologies développées.

 

Le principal frein à l’entrée de ces matériaux pour les ouvrages structuraux dans le BTP est le fait qu’on ne connait pas encore parfois suffisamment le vieillissement des composites sur le long terme. L’idée d’ausculter en permanence la structure s’est donc imposée et a donné naissance au projet DECID2. Rendre les matériaux intelligents, Convaincre que Légèreté et Résistance ne sont pas antinomiques et Prouver que ces structures sont très résistantes à la fatigue et au fluage étaient les maîtres-mots.

 

Financé par les Régions Pays de Loire, Bretagne et Picardie,  le projet se voulait concret en réalisant 2 structures échelle 1 : une sur le site de l’IFSTTAR qui vient d’être inaugurée et l’autre sur le site du Technocampus ; toutes deux en Région Nantaise. Plus que les structures elles-mêmes, ce sont leurs instrumentations qui sont importantes ici. Deux technologies complémentaires sont ici utilisées pour faire le monitoring en temps réel des structures : les fibres optiques à réseau de Bragg qui donnent des informations en extensiométrie (allongement du à des sollicitations mécaniques ou dilatation thermique que l’on peut décorréler grâce à des capteurs de température) et les capteurs ultrasons qui permettent de façon passive de détecter des ruptures de fibres (avec éventuellement leur localisation en fonction du nombre de capteurs) et de façon active de faire un état santé de la résine.

 

Le consortium a réuni de nombreux partenaires qui pour la plupart n’avait pas eu auparavant de problématiques communes. Ceci a permis de créer un réseau de connaissances et de coopération qui a donné naissance à une solution viable dont les retombées économiques et académiques sont prometteuses :

 

  • Le Pôle EMC2 a développé de nouvelles compétences sur un secteur jusqu’alors non couvert : le BTP et le Génie Civil ;
  • L’entreprise ETPO a fait ses premières armes en structures composites et semble convaincue ;
  • La société Synervia a servi de coordinateur ;
  • DFC Moulage est tant que pultrudeur peut maintenant proposer des profilés intégrant des fibres optiques à réseaux de Bragg pour gagner de nouveaux marchés ;
  • Côté Capteurs :

- La Société iXfiber peut maintenant fabriquer des fibres optiques dédiées à être incluses dans des pultrudés durant la production (le coating de la fibre a été choisi avec soin pour résister aux 130 à 150°C du process de pultrusion);
- IDIL Fibres Optiques a fait ses premières instrumentations sur composites « BTP » ;
- Le Cetim a utilisé des connaissances CND US pour calibrer une solution idoine tant du point de vue capteurs qu’analyse du signal ;

 

  • Côté Laboratoires de Recherche, de nouvelles connaissances ont été acquises ou approfondies :

- L’IFSTTAR a validé la tenue en fatigue et au fluage de ces matériaux intelligents et leur résistance aux UV ;
- L’Institut de Recherche en Génie Civil et Mécanique (CNRS / Ecole Centrale Nantes) a modélisé la durabilité de ces matériaux en température comme en humidité ;
- Le Laboratoire LARMAUR de l’Université de Rennes a caractérisé les fibres optiques et leur adhésion au composite dans lequel elles se trouvent.

 

On le voit : les retombées de ce projet sont déjà nombreuses et prometteuses. DFC Moulage peut d’ores et déjà livrer des passerelles instrumentées à ses clients par exemple. Mais les champs d’applications possibles sont plus grands que ce soit en BTP, en éolien ou dans d’autres secteurs.

 

Nous reparlerons de ce sujet prochainement dans JEC Composites Magazine….

 

Pour plus d’informations : www.ifsttar.fr