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Flying Whales, une solution pionnière pour le transport de fret aérien

Charger et décharger jusqu’à 60 tonnes de fret en vol stationnaire, sans empreinte environnementale : telle est la promesse du LCA60T, l’aéronef imaginé par Flying Whales, dont Multiplast étudie actuellement la conception des quatre empennages. Une véritable révolution pour un monde plus durable, que présentent Vincent Guibout, directeur général délégué de l’entreprise, et Emmanuel Crespin, responsable de l’équipe structure.

Flying Whales, une solution pionnière pour le transport de fret aérien
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Pouvez-vous nous présenter votre projet ? 
Vincent Guibout :
“Tout est parti d’une problématique issue de la filière bois. En 2012, le gouvernement avait demandé à l’Office National des Forêts d’exploiter les forêts de manière plus efficace et durable. La question était de pouvoir y accéder sans construire de nouvelles routes, ni utiliser l’hélicoptère, trop coûteux et pas adapté à ce type de charges. Sébastien Bougon, fondateur et président de l’entreprise, a alors créé Flying Whales pour réfléchir avec l’ONF et l’Onera (Office national d’études et de recherches aérospatiales) à une solution viable. Après quatre ans d’analyses et de consolidation de l’avant-projet, la décision de construire et commercialiser un aéronef de 200 mètres de long sur 50 mètres de diamètre à propulsion hybride a été prise en 2017. Le business plan était complet avec une vision de développement industriel et opérationnel et deux entités à terme : Flying Whales Industry, pour le développement et la production du dirigeable, et Flying Whales Services pour l’exploitation de la solution de transport. À l’époque, il y avait moins de dix ingénieurs dans l’entreprise. Aujourd’hui, nous sommes 130 et recrutons trois ou quatre personnes par mois. Le coût total du projet représente environ 500 millions d’euros.” 

Justement, Flying Whales vient de lever 122 millions d’euros lors d’un troisième tour de table…
Vincent Guibout :
“Quatre levées de fonds étaient prévues en 2017, 2019, 2022 et enfin l’entrée en bourse lors du premier vol attendu en 2024. Nous venons effectivement de réaliser la troisième, qui va nous permettre de poursuivre notre développement au rythme escompté. Nous nous réjouissons de la qualité de l’actionnariat. Air Liquide et Aéroports de Paris ont réinvesti, le Québec a maintenu un positionnement fort. D’autres acteurs ont fait leur entrée au capital également, comme l’Etat français, la Société Générale et la Principauté de Monaco. Au-delà de son actionnariat, Flying Whales tire sa force de la qualité de son consortium industriel, composé d’une quarantaine d’entreprises aéronautiques en France et sur le continent nord-américain principalement.”

Quel est votre objectif ?
Vincent Guibout :
“Flying Whales a deux raisons d’être : désenclaver, en donnant accès à des ressources et populations isolées, et fournir une solution de transport à faible empreinte environnementale. La mission bois, qui avait la particularité d’aller chercher une ressource inaccessible par la route, nous a poussés à développer cette solution originale. Notre aéronef est le premier dirigeable capable d’opérer en stationnaire. En le développant, nous nous sommes rendus compte que cette solution avait énormément d’applications : le transport de charges lourdes, comme des pales d’éolienne ou des morceaux de fusée en containers par exemple, ou bien même apporter des biens aux populations isolées. Le dirigeable permet de minimiser l’empreinte environnementale : le LCA60T émet jusqu’à 30 fois moins de gaz à effet de serre que l’hélicoptère. L’objectif est de supprimer complètement nos émissions carbone en vol à l’horizon 2030 et d’avoir un aéronef à propulsion 100% électrique grâce aux piles à hydrogène.”

Pourquoi avez-vous décidé de faire appel à Multiplast ?
Emmanuel Crespin :
“Multiplast est spécialiste des structures légères en composite de grandes dimensions, associées à du textile. Ce sont exactement les technologies dont nous avions besoin, notamment pour les quatre empennages du dirigeable, qui permettent de stabiliser et de contrôler le dirigeable en vol, dont l’envergure est d’environ 20 mètres chacun et dont la structure intérieure en composite est enveloppée de textile. En outre, le chantier possède de grandes capacités de production et d’ingénierie et est habitué aux projets hors normes. Nous n’avons pas beaucoup hésité pour le choisir. Nous sommes très contents d’avoir un partenaire tel que Multiplast qui apporte une expertise adaptée aux enjeux rencontrés sur le dirigeable. Les opportunités de futures collaborations sur d’autres pièces sont nombreuses. Notre volonté est d’avoir un partenaire fort qui prenne un maximum de responsabilité sur nos produits.”

More information www.multiplast.eu