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Solid Sail : un nouveau cap pour Multiplast

Le projet Solid Sail a franchi une nouvelle étape, puisque les Chantiers de l’Atlantique ont annoncé qu’un mât de 95 mètres, doté d’une voile rigide construite par Multiplast, serait installé en 2022 sur le site de Saint-Nazaire.

Solid Sail : un nouveau cap pour Multiplast
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Il s’agira de la dernière étape de validation technique avant la commercialisation et l’application de la solution Solid Sail sur de grands navires à passagers à propulsion hybride, permettant une réduction très sensible des émissions de gaz à effet de serre.

Le projet Solid Sail a débuté pour Multiplast il y a cinq ans avec les premiers essais d’une voile rigide dotée de panneaux en composite sur un J80, menés sous l’égide des Chantiers de l’Atlantique. A la barre, l’ingénieur Nicolas Abiven, ancien navigateur, vainqueur de la Transat Jacques Vabre 2003 avec Jean-Pierre Dick.

Une deuxième campagne d’essais a ensuite été menée sur une voile plus grande, gréée sur Yes We Cam !, le 60 pieds Imoca à bord duquel Jean Le Cam vient de prendre la quatrième place du Vendée Globe, avant d’être testée sur un paquebot qui a effectué deux transatlantiques avec cette voile. Le projet a franchi un nouveau cap en 2019 : un modèle à l’échelle 1/5e avec gréement à balestron a été installé sur une des digues du port de Pornichet afin d’étudier son comportement et sa résistance.

Forts de toutes ces études et campagnes d’essais, les Chantiers de l’Atlantique ont annoncé mardi une nouvelle étape majeure : l’installation sur le site de Saint-Nazaire d’un démonstrateur à échelle 1 d’un mât culminant à 95 mètres et inclinable à 70 degrés, qui sera visible à 55 km au large ! Ce mât sera doté d’une voile Solid Sail entièrement en composite, performante et pliable, d’une surface de 1 200 m2.

L’installation se fera en deux phases : la première avec un mât de 38 mètres et une voile de 550 m2 à la fin de l’été 2021, la seconde, à l’échelle 1, au cours de l’année suivante. Comme le précédent prototype testé à Pornichet depuis deux ans, le dispositif sera équipé d’un balestron orientable à 360 degrés.

Le mât est construit par un consortium réunissant CDK Technologies, Lorima et Multiplast pour les tronçons du tube, SMM étant chargé de l’outillage et de l’assemblage, Avel Robotics des manchons. Quant aux voiles, composées de panneaux en fibres de verre et de carbone, elles seront fabriquées intégralement chez Multiplast.

La première application de Solid Sail sera destinée à des paquebots d’environ 200 mètres, qui utiliseront à la fois cette propulsion vélique et une motorisation, permettant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40%. D’autres applications, concernant tant les navires de charge que les grands bateaux de plaisance, sont également envisagées.

Ce projet, qui a reçu le soutien de la Région Bretagne et de l’intercommunalité Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération, est un véritable challenge pour Multiplast, comme l’explique son directeur général Yann Penfornis : « Solid Sail s’inscrit dans la démarche de diversification entamée depuis une vingtaine années. C’est la déclinaison d’un programme de recherche débuté il y a cinq ans et de tout notre savoir-faire en course au large que nous adaptons sur le marché de la croisière. Les process de fabrication pour les mâts sont en effet les mêmes que ceux que nous utilisons pour les bateaux de compétition et nous travaillons avec les mêmes bureaux de calculs que dans la course au large, GSea Design et Méca. »

Si Les Chantiers de l’Atlantique parviennent à les commercialiser, les premiers paquebots équipés de la solution Solid Sail navigueront en 2025.

More information https://www.multiplast.eu/